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Gérard Sibelle

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Gérard Sibelle nous a quittés, mais il restera éternel pour bon nombre de gens du spectacle vivant. Sa gentillesse, son humanité, son esprit.

Je souhaitais lui rendre hommage en publiant cet extrait de mon mémoire de faculté.

En écrivant ces lignes, je souriais, aujourd’hui, je pleure.

13 Aout 1994 – dans une loge à Ruoms.

Mes Pygmalions : Gérard Sibelle, directeur de promotion RMC, producteur, découvreur de talents, concepteur.

Gérard Sibelle est un homme très charismatique.

Le bureau RMC se situe au 2eme étage d’un immeuble cossu de la rue de la République.

La secrétaire me fait attendre, j’ai les mains moites.

Il me reçoit chaleureusement, nous parlons de Nantua, de l’Ain, de Bourg-en-Bresse, de son poulain artiste actuel, Laurent Gerra, et me propose, chance inespérée pour moi, de jouer les premières parties de vedettes d’hier et d’aujourd’hui, comme il dit.

Ce jour-là, il poursuit sa proposition en me demandant 3 choses :

Si je suis disponible le 9 Octobre 1993 de 15h à 19h.

Si ça me plairait de jouer devant 2500 personnes

Si je connais Dave..

Il me propose un confortable cachet après avoir répondu « oui » à ces trois questions et c’est comme cela que je me retrouve à fêter les 10 ans de la Gare de la Part-Dieu sur le camion-podium de Radio Monté Carlo en vedette américaine de Dave.

La « vedette américaine » n’a rien à voir avec la nationalité du personnage que j’imite : C’est l’expression utilisée pour désigner l’artiste qui jouera juste avant la vedette attendue

.J’observe Gérard Sibelle à chaque fois, et j’en apprends beaucoup

Plus tard, de 1993 à 1999, il me place en un coup de fil sur de grandes scènes pour assurer cette vedette américaine de chanteurs aux gloires anciennes mais qui attirent un public toujours conséquent (Herbert Léonard, Dave, etc) aux Boys Bands et chanteuses à la mode (Alliage, G-Squad, Larusso).

Gérard Sibelle me manage sur ces scènes et je remarque vite le respect qui lui est dû, grâce à cette rigueur et cette précision de ses actions sur le terrain.

En effet, je découvre les codes du métier et la hiérarchisation des actions et des personnes dans ce show-business régional.

Par exemple, en arrivant derrière une scène, je repère ma loge et son éloignement avec le plateau. Après avoir salué tout le monde, je me dirige directement vers la régie pour apporter ma bande sonore avec une fiche lumières soigneusement rédigée, en gros caractère (car les régisseurs travaillent dans l’obscurité une fois les lumières de la salle éteintes).

J’observe, j’apprends et je me tais.

Mon travail consistait à arriver à l’heure pour les « balances », mot que j’ai fait semblant de comprendre une ou deux fois à cette époque avant que l’on m’explique la signification.

Les « balances » sont les moments qu’un technicien-son vous accorde pour tester votre bande sonore, équilibrer le volume du son sur les retours (les enceintes posées à vos pieds), et la façade (les enceintes disposées sur scène en direction du public).

Les balances servent à faire un point sur mon entrée en scène, les intermèdes, et ma sortie de scène, primordiale aussi, pour un spectacle.

Novembre 2019 – Maison du Peuple, Pierre Bénite.

Jamais, je ne vous oublierai.

J’ai appris beaucoup du professionnel, mais il savait aussi parler à l’humain, d’humain à humain.

Car sa première question en réalité lorsqu’il vous rencontrait, c’était  » Comment vas tu ?  » un vrai  » comment vas tu « ?…

Merci, l’Artiste.

Pensée à sa famille, Théo, Thomas.